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Cette année, plus que les précédentes, les enseignes ont choisi de frapper fort dès le début des soldes en appliquant des réductions massives. La clientèle, boostée par l'arrivée du soleil, a, semble-t-il, été au rendez-vous de cette première semaine de démarques. « Les deux premiers jours ont été excellents », souligne-t-on chez Esprits. Un peu plus bas, Kookaï n'a même pas souffert du temps exécrable qui a régné toute la matinée de samedi. « J'ai très bien travaillé », affirme Christelle Le Calvez, responsable de la boutique. Pour certains, c'est même carrément bien. A Kaparka, par exemple, ou à Cache-Cache, qui tourne à plein régime. « Nous sommes totalement débordées, confie la jeune Fanny Fec, occupée à déballer les nouveaux colis. Et les gens font déjà du repérage pour la deuxième démarque. » Pour autant, cet enthousiasme n'est pas partagé par tous. « Je passe mon temps à déballer et à ranger. En deux heures, j'ai réalisé une vente ! », déplore l'employée de Froc et Fring. Tous attendent, désormais, la deuxième démarque pour écouler des stocks abondants.
Du stock et des grosses réductions. « Regardez ce qu'il reste, montre cette vendeuse d'un magasin de chaussures, balayant du bras l'amoncellement de boîtes en carton tout autour d'elle. J'ai encore plein de 38 alors que d'habitude ça part tout de suite. » Dans plusieurs boutiques, le constat est le même : les stocks sont massifs, signe que les ventes ont tourné au ralenti jusque-là. Au magasin pour hommes Jules, on ne s'en cache pas : « On ressent un ralentissement depuis sept mois maintenant. Déjà, à la rentrée de septembre, les ventes n'avaient pas été fabuleuses. Les gens avaient attendu le mois de novembre pour acheter. » Depuis, guère mieux. Mauvais temps et porte-monnaie déprimé n'incitant pas à la dépense, les clients ont préféré patienter avant d'investir dans une garde-robe d'été dont il n'avait pas forcément besoin. Alors pour compenser, l'enseigne, comme d'autres d'ailleurs, a décidé de frapper fort dès le premier jour des soldes en alignant des réductions de 50 % en plus grande quantité et sur un nombre plus important de références. « Cette année, on a observé dès la première semaine, des réductions que, d'ordinaire, on ne voyait qu'à la deuxième démarque », confirme Pierrick Gourhant, président de l'Union des commerçants du centre-ville.
La faute au pouvoir d'achat ? « Stop avec ça ! » Ils sont plusieurs commerçants à fulminer contre une médiatisation jugée outrancière de la crise du pouvoir d'achat et qui, selon eux, leur fait plus de tort que de bien. « Je reconnais qu'en la matière, ce n'est pas l'euphorie, mais arrêtons de nous rebattre les oreilles avec ça », s'énerve une gérante. Pierrick Gourhant n'est pas loin de partager cet avis : « Ça part d'un sentiment réel mais c'est amplifié. Le fait de ne cesser d'en parler crée un effet anxiogène. C'est le même phénomène qu'il y a cinq ans sur l'insécurité, où les gens avaient presque peur de sortir de chez eux. »
Christèle BOURDEAU.