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Michel Le Moigne, venu acheter un sac d'engrais pour sa belle-mère, est aussi reparti avec de l'anti-mousse biologique pour son jardin. Finalement ce sera un sac d'anti-mousse biologique pour rééquilibrer le sol, à la place d'un produit chimique qui aurait tout brûlé. Sur les conseils d'une vendeuse de Magasin Vert, Michel Le Moigne, venu acheter de l'engrais classique pour sa belle-mère, s'est décidé à essayer les produits biologiques pour l'entretien de son jardin.
Dans le cadre de la « semaine sans pesticide », du 20 au 29 mars, treize jardineries de la région ont signé une convention avec les comités des bassins versants du Léguer, du Jaudy-Guindy-Bizien et de la Lieue-de-Grève. Elles se sont engagées à promouvoir les produits biologiques et à les valoriser auprès de leurs clients, en même temps que les produits chimiques traditionnels.
Pour Philippe Munier, responsable de l'entreprise Les jardins naturels, ce type d'opération est essentiel, car « le premier contact avec le jardin se fait à la jardinerie ». Principale cible visée : les jeunes, qui, selon les différents responsables de magasins, interrogés semblent plus réceptifs au discours biologique. « Les vieux jardiniers ont du mal à changer leurs habitudes et continuent à utiliser des produits phytosanitaires chimiques », reconnaît Philippe Veillard, responsable du secteur jardin chez Briconautes.
Mais le chemin à parcourir est encore long, très long. « La vente des produits phyto bio a du mal à démarrer. Elle progresse d'année en année, mais lentement », constate-t-il. L'offre, elle, ne cesse de s'élargir. Chez Magasin Vert, on trouve 200 produits phytosanitaires, dont 30 biologiques. Et parmi les 150 engrais, 50 sont estampillés « bio ».
Un désherbeur thermique
Peur d'une moindre efficacité, d'un coût plus élevé... Les raisons sont nombreuses pour expliquer cette réticence face aux produits biologiques. Les vendeurs, qui ont pourtant de bons arguments à faire valoir, n'ont pas toujours réponse à tout. En effet, divers traitements, comme les cicatrisants, n'ont pas d'alternative biologique. Heureusement, la technique vient parfois à son secours. Claude cultive un jardin de 800 m2 à Trégastel. Il ne se sent pas particulièrement une âme d'écologiste, mais il a décidé d'acheter un désherbeur thermique. « Avec les 35 % de réduction octroyés par le Comité du bassin versant, cela revient moins cher que le chlorate de soude. Il sera amorti en un an ou deux. »
Petit à petit, les mentalités évoluent. Les organisateurs et les professionnels du jardinage ont d'ores et déjà prévu de signer une nouvelle charte au printemps 2009. C'est désormais toute l'année que les jardineries du Trégor feront la promotion des produits naturels.